• Chapitre 34: Le temple de Kali

    L’Inde est un pays magnifique.

    La vue, l’ouïe, l’odorat sont les premiers sens qui se repaient de ce pays.

    Je reste trois semaines à Mumbaï pour apprendre la langue : l’Hindi. Je ne connais évidemment que les basses. Une conversation basique est facile à avoir mais…pour une conversation plus élaborer je dois utiliser l’anglais.

    Mon intention première est de rester un moment en Inde. J’ai besoin de calme, de remettre de l’ordre dans mes idées et surtout de me reposer.

     

    J’interroge les habitants de Poovankurichi* pour savoir où trouver un temple. Ils m’indiquent tous, sans exceptions, un temple très ancien ayant même plusieurs siècles dans la charpente : le temple de la déesse Kali**.

    Le temple est dur d’accès car situé au cœur de la forêt dans la montagne que l’on voie derrière le village.

    Un des villageois veut bien mis emmener mais il me prévient qu’il me laissera au pied de la montagne. Il n’ira pas plus loin. Ça me va.

     

    Arriver au pied de la montagne, après avoir remercier mon chauffeur, je m’engouffre aussitôt dans l’épaisse forêt. Il est treize heures à ce moment-là.

    Le chemin menant au temple est quasiment inexistant, camoufler par les pierres, les herbes, les feuilles voir détruit. Et quand il est visible, il est tortueux avec des trous remplient de reptiles de ma taille et d’insectes gros comme mon bras, ainsi qu’avec des arbres bas aux branches assurer qui t’arrachent la peau jusqu’aux sang et formant un toit de verdure rendant impossible le passage des rayons du soleil. Il fait noir comme dans la plus profonde et sombre grotte.

    Je me souviens que le chauffeur avait dit que cette forêt porte le double nom de Chhutakaare ka tareeka : le chemin de la rédemption mais ces habitants l’appellent plus : vah raasta jisase koee vaapas nahin aata hai soit le chemin d'où l'on ne revient pas. Elle porte bien son nom.

     

    Quand je sors enfin, il est 23 heures. J’ai mis dix heures à franchir le chemin, quand il en avait, menant au temple.

    Temple aux allures de forteresse.

    J’avance à la porte d’entrée. Elle est titanesque. Sur ses battants la déesse Kali y est représenter.  Un long et ancien escalier de marbre au monastère est gardé par deux immenses garudas*** en obsidienne aux allures menaçantes.

    Je saisis le heurtoir et frappe deux petits coups secs.

    J’attend un peu avant qu’un moine ne vienne m’ouvrir.

     

    - Gud eevaning. Mujhe itanee deree se aane ka aphasos hai. Lekin kya yahaan sona sambhav hai, krpaya? (Bonsoir. Je suis désolée d’arriver si tard. Mais est-ce possible de pouvoir dormir ici, s’il vous plait ?)

     

    Il me fait entrer et me mène auprès du prêtre supérieur. Après lui avoir expliquer ma situation, il m’autorise à rester. Il me conduit dans une petite chambre avec vu sur le jardin dans l’aile des invités.

    C’est la première fois que je dors dans un vrai lit depuis la Russie et sans la présence de Rodrigue à mes côtés. Je chasse cette idée de ma tête.

    Non…Non…N’y pense plus. Sinon je risque de fondre en larmes.

     

    Le restant de la nuit est secoué de cauchemars où se mêle sang, déesse dansante menaçante, garudas effrayant et Rodrigue.

     

    Je reste plusieurs semaines à méditer sous un vieux peuplier. Je n’arrive pas à retrouver le calme du début de mon voyage.

    Les moines l’ont remarqué. J’en ai discuté avec eux. Ils m’ont donné plusieurs astuces et solutions. Aucunes n’ont fonctionné.

    Je suis désespérée. Je pense partir ailleurs. Mais où ? Ca la voix est aux abonnés absents depuis que j’ai mis les pieds ici.

     

    Mon exaspération doit ce voir à des kilomètres à la ronde car un moine viens me voir pour me proposé une dernière solution.

     

    - Yahaan ek bhikshu hai jo aapake raakshason ko pahunchaane mein aapakee madad kar sakata hai. (Il y a ici un moine qui pourrait t’aider à délivrer de tes démons.)

     

    - Mujhe yah kahaan mil sakata hai? (Où puis-je le trouver ?)

     

    - Gaardan oph skaariphikeshan mein.  (Au Jardin des Scarifications.)

     

    Le Jardin des Scarification. J’ai déjà entendu parler de ce lieu.

    Là bas, les croyants se blessent intentionnellement dans l’espoir de purger « le mal » qui les ronge et se faire pardonner ainsi pardonné de ses pêchers de ses vies antérieurs et de sa vie actuelle. D’après ce que j’ai entendus dire, ce lieu serait gardé par « l’homme qui voit sans voir ce qui ne peut être vu par un homme qui voit ». Le nom tout à fait bateau désignant ce moine qui serait, celons la rumeur, capable de voir les morts.

     Je suis assez sceptique à ce sujet mais qui ne tente rien à rien.

    Donc allons-y.

    Direction le Jardin des Scarifications.

     

     

     

     

     

    *Poovankurichi : hameau situé dans le district de Tirunelveli près d'Ambasamudram, Tamil Nadu, Inde.Poovan signifie « vent » et Kurichi signifie « montagne » ou un endroit situé près d'une montagne.

    **Kali : une des représentations de Shakti, la déesse-mère. Déesse de la préservation, de la transformation et de la destruction. Une des formes de divinité la plus effrayante du panthéon hindouisme. Elle est souvent représentée nue, le regard féroce et la langue tirée, portant un long collier, descendant parfois à ses genoux, composé de crânes humains, dansant sur le corps de son mari : Shiva. Elle porte souvent un pagne formé de bras coupés, tient une tête décapitée dans une main, une épée, le pouvoir de la destruction, dans l'autre.

    ***garuda : est un homme-oiseau fabuleux de la mythologie hindouiste puis bouddhiste. C'est la monture du dieu Vishnu. Il est aussi considéré comme le roi des oiseaux.


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