• Chapitre 2: Le roi de Sparte et le gardien du Phare

     

    Un rayon de soleil tape sur mes yeux. Je grimace. Il me fait mal ce crétin de soleil ! Il s’est pas que je déteste être réveillée ainsi ?! Je le lui dis TOUS les jours ! Oui je parle au soleil. Oui Madame. Oui Monsieur. Et je ne suis pas folle. Non non.

    Au bout de quelques secondes, je les rouvris. Et je vois un plafond. En bois. Ça change du plafond blanc de ma chambre.

    Attend…pause…minute…arrêt sur l’image…retour en arrière…LE SOLEIL !!!! UN PLAFOND !!!!

    Je me redresse. Je suis dans un lit en bois avec des draps blancs. Je sens l’air de la mer. Chaque meuble de la pièce sont en bois assez épais. Du chêne ? Ils sont surement faits mains.

    J’entend des mouettes. Je me dirige difficilement vers la fenêtre. Le soleil m’aveugle. Du sable, des péniches et la mer immense. Il a des mouettes qui planent lentement, en douceur au-dessus de la petite plage. On est vraiment près.

    -Mouette ! Mouette !

    J’aime les mouettes. Entre temps, j’ai ouvert la fenêtre et tendus les bras vers elles.

    -Emmenée moi avec vous. Loin des hommes.

    Elles me regardent comme si j’étais folle. Je confirme. Le matin faut pas me demander grand-chose surtout après mon bain forcer…d’hier ? Je crois ? Mon regard se trouble et se baisse vers mes habits. Une robe ? Mais je ne portais pas ça avant !! Elle est trop grande et trop large. On dirait que la personne qui m’a sorti de la flotte ma changé.

    Une vague s’échoue sur la plage. La mer. Je frisonne et sert mes bras autour de ma poitrine. J’ai froid. Je sens encore l’algue autour de mon pied. Qui me fait mal d’ailleurs. Je tombe.

    Ah…il est carrément foulé. C’est bien ma veine. J’arrive pas à me lever. Allez Eris. Force sur tees bras !! Gné… j’arrive enfin à me remettre debout…et à retourner dire bonjour au sol au bout de dix secondes. Je ferme les yeux et soupire.

    La porte s’ouvrit brusquement. J’ai presque failli me la prendre. Il s’en est failli de deux centimètres. Je pose mon menton sur le sol de façon à voir ses pieds. C’est un homme d’après la formes de ses bottes. Je lève les yeux et…ne vois pas plus haut que ses genoux. Il baisse son immense stature et m’attrapa par le haut du vêtement et me…comment dire ? ...balança ? ...oui c’est ça. Donc il me balança sur le lit. Brute.

    -Enfin réveiller ! Au bout d’une semaine ! Il était temps !

    Sa voix grave fit trembler les murs. Je le regarde ébahit. C’est un colosse. Sa tête touche le plafond. Ce que j’ai pris pour une robe trop large doit-être à coup sur un de ses t-shirt.

    -Ne me regarde pas comme ça. Je vais te manger.

    Je suis tétanisée. Il soupire.

    -Je suis Léonard De La Baleine. Le gardien du phare et ton modeste serviteur.

    Il attrapa un vieux chapeau qui traînait sur un meuble et fit une révérence compliquée. En la faisant, il se cogna au lustre et jura. Sa manière de gros balourd me fit rire.

    -Ah…enfin quelque chose de positif. Alors p’tite sirène…comment tu t’appelles ?

    -Eris.

    -C’est tout ?

    J’hésite. Il n’a pas l’air d’avoir la télévision mai peut-être un radio. Il a peut-être été mis au courant de ma fugue. Et s’il prévenait la police. Et si…

    -Ai confiance. Avec des « si » et des « peut-être » tu peux refaire le monde.

    La voix. Encore elle.

    -Oui. Fais lui confiance. Il t’aidera.

    Comment ? Comment peux-tu en être sur ?

    -L’heure des doutes n’a pas sonné. Laisse-toi guider.

    Par quoi ?

    -Un jour. Tu comprendras.

    Et elle se tut. Je regarde à nouveau Léonard De La Baleine droit des les yeux. Son œil gauche est caché pas un cache-œil et le droit me fait penser à une émeraude obscure et limpide à la fois, tout en donnant vie à un visage buriné par le sel, de soleil et de cicatrices encadré pas des cheveux de jais onduleux comme des vagues. Le tout posé sur un corps gigantesque et massif de grec tailler dans la roche.

    Je ferme les yeux. Les dés sont jetés.

    -Eris. Eris Blanchard.

    J’hésite une seconde. Que suis-je ?

    -Je suis à la recherche de quelque chose.

    -Quoi ?

    Je ne sais pas. Dois-je lui dire ou pas ?

    -Prend ton temps. Tu sais…le temps donne toujours les réponses aux questions. Il les apporte au moment on l’on si attend le moins. Alors garde ton calme et avance.

    Il ne me laisse pas le temps de dire quoi que ce soit qu’il me mit entre les pattes une soupe de poisson et examina mon pied.

    -Appelle moi Léonard. Et tutoie-moi par pitié. J’ai pas 70 ans. Ok gamine ?

    -D’accord Léonard…mais moi c’est Eris.

    -…mange.

    Et il se reconcentra sur mon pied. Ce fut ainsi que rencontra Léonard.

    Il est peu bavard mais ça me convient. J’appris que c’était lui qui, durant une de ses plongés sous-marine, m’avait sauvé. Léonard a ce moment là explorait les récifs qui me retenaient prisonnières. Les trois diables. C’est comme ça que l’on les appelle dans le coin. Quand je suis tombée je l’ai percuté et il s’est cogné à un des récifs mais ne s’est pas blessé. Il parait que ça c’est passer très vite. Moi qui avait penser agoniser durant de longues minutes, mon calvaire avait en vérité durer que…quoi…5 secondes tout au plus. Le temps de réaction de Léonard a été très rapide. J’ai eu de la chance de m’en mettre sortie qu’avec une cheville foulée et des égratignures.

    Léonard s’est montré à la fois patient et attentif à mon égard. Comme un pêcheur guettent sa prise, il a attendu que je me confie à lui. Je sentais toujours sur moi son regard cherchant à lire en moi, essayant de deviner chacun de mes secrets.

    En parlant de secret, son vrai nom est Léonidas. Je l’ai appris par hasard en regardant une photographie où cinq hommes étaient représenter. Leurs noms à l’arrière de la photo. On y voyait Léonard plus jeune. Léonidas De La Baleine. Il a changé son nom car il n’aimait pas que l’on se moque de lui.

    Léonard m’a appris beaucoup de chose : la survie, chercher de la nourriture, la navigation. C’est après que je lui ai appris que je voulais continuer mon voyage qu’il a décidé de m’apprendre les bases. Ce jour là je lui avais demander s’il avait été scout. J’avais tout faux.

    Léonard était marine. La photo, que j’avais vu avec son vrai prénom, était la dernière image de son régiment avant que son bateau coule. Ce jour là il m’a dit avoir vu et vécu l’enfer. C’est là qu’il a eu toutes c’est cicatrices en voulant sauver son capitaine. Ce dernier n’a pas survécu à la mer. Pour son œil ce n’est qu’une attaque de requin blanc.

    Un silence pesant c’était alors installé dans la salle à manger. J’était gêner. Les mauvais souvenirs ont dû resurgir. Il mangeait tranquillement sa soupe sans rien dire. L’ambiance était si lourde que je clopina vers lui et l’ai pris dans mes bras.

    -Eris ?

    -Chut…Tu sais même le roi de Sparte a versé des larmes quand il s’est envoyé, lui et ses hommes, à la mort*.

    -Le roi de Sparte ?

    -Son nom était Léonidas. Il était grec.

    -Tiens d’habitude on me fait une vanne sur les chocolats Léonidas.

    -J’approuve. Ils sont délicieux.

    Regard noir de sa part.

    -Et ceux qui ont oser dire ça sont à la morgue ?

    -Non, à l’hôpital. Pour le dernier en tout cas. Ça va faire 2 mois. Allez finis t’as soupe. Ça va refroidir.

    A la fin du repas avant d’aller me coucher, Léonidas m’a remercié.

    Ce soir là c’était la première fois que je l’entendais rire et être si…fragile.

    Ça fait 1 mois et demi que je suis là. Ma cheville est guérie. Je vais bientôt reprendre ma route mais avant il faut que je demande quelque chose à Léonard. C’est sur cette pensée que je m’endormie.

     

     

     

    *la bataille des Thermopyles 480 av. JC: le roi et ses troupes se sont fait massacrer par les Perses qui étaient en surnombres. 


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