• Chapitre 4: Au delà de la mer

     

    Il ne m’a pas jugé. Il n’a rien dit. Dans son regard, il n’y avait ni compassion ni déception…juste de la compréhension.

    Quant il est retourné dans la cuisine, je suis partie me recoucher. Il a accepté de m’apprendre à me défendre. Pourquoi ?

    -Il te fait confiance.

    Je sais. C’est un miracle.

    -Dors. Demain une rude journée t’attend.

    Morphée m’accueillit les bras ouverts.

    Le lendemain, ce fut des coups sourds qui me réveilla.

    -Eris ? Debout. T’as 5 minutes pour te préparer ET me rejoindre dehors.

    Je suis restée abasourdi. Hein ? Qu’est-ce que c’est ? Je regarde l’heure… 4 HEURES DU MATIN ?!!! Sérieux ?! Je ne me pose pas plus de questions et saute dans mes habits. En cas où, je rabats la couette et tape sur l’oreiller pour lui donner meilleure figure. 4h 03. J’ai pas le temps de passer toutes les pièces de la maison. Léonard est sérieux. Ça se sent. J’ouvre la fenêtre et saute au dehors au risque de me rompre le cou. Je cours comme une dérater vers le devant de la maison et rejoint Léonard sur la plage près de la butte où est le phare.

    -Ah enfin là ! J’ai failli attendre !

    -Bonjour Léonard. Alors quel est le programme ?

    -Bonjours Eris. Viens suis moi je vais te montrer ton planning d’échauffement.

    Il se dirigea près d’une vielle cabine de plage et en sortit des poids, des sacs : un avec du sable, un autre avec des pierres et le dernier avec des briques ; une montre, une trousse de…premier soin ? Ok. Il va me tuer.

    -Bien je t’explique ce mois-ci tu vas t'entrainer à renforcer ton corps. Les exercices consisteront à travailler ta vitesse, ton endurance, ta force et ta souplesse. Ok ?

    -Ok. Et en quoi ils consistent ?

    -Course avec poids, contraction, pompes, escalade…

    -Et les sacs ?

    -Pour l’instant tu t’en occupe pas. C’est pour plus tard. Quand je te jugerai prête. Bien pour commencer, pour ce mois-ci, tu feras des échauffements articulaires puis tu feras 30 contractions et 30 pompes, pour commencer bien sûr. Tu prends le temps qu’il te faut pour les faire. Ensuite tu courras le long de la plage avec les poids pendant 2 heures. Puis…

    Il désigna deux pêcheries : une de 3 mètres de haut bleu et l’autre de 11 mètres rouges.

    -…tu grimperas le plus vite possible au sommet de ses pêcheries. Tu auras 1h30 pour le faire.

    -Ensuite ?

    -Ce seras tout pour l’instant. Mais attention n’oublie pas que je serais dans le phare et que je verrais tout donc or de question de trainer ou de faire semblant de travailler. C’est clair.

    Je me mis au garde à vous.

    -Très clair mon commandant.

    -Allez file.

    Il grimpa jusqu’à son phare et je commença mes échauffement. J’attaque ensuite les contractions. Ça va au début c’est facile. Au début pas après avec les pompes. Les pompes…comment dire ? ...c’est mort. J’y arrive pas. J’ai mis près de 3 heures pour faire mes 30 pompes correctement. Pitoyable.

    Je fis une micro pause pour boire un peu d’eau puis je mis les poids. Purée. C’est lourd. Je pris la montre (soi-disant au passage fait trois fois la taille de mon poignet même en la serrant au dernier trou je dit ça je dit rien) et me mit à courir.

    Au bout d’une demi-heure je suis en nage. Je ne comprends pas pourquoi. Pendant des jours j’ai couru sans m’arrêter et là…

    -Tu étais dans un état second. Apprend à faire la même chose mais en étant éveiller.

    Je me mis à haleter. Faire quelque chose que l’on faisait inconsciemment et le faire en étant conscient ? C’est…

    -Ce n’est pas impossible. Vas y cour. COUR.

    Et j’obéis. Pourquoi ? Allez savoir. Mais je le fais c’est tout.

    Au bout des 2 heures, je m’écroule près des deux pêcheries. Je sens le regard de Léonard sur moi, il me regarde depuis son phare. Je ferme les yeux et me reconcentre. J’évalue la hauteur de la pêcherie bleue. Tellement vieille. Je commence à grimper, elle tangue et je tombe lamentablement pendant tout le temps impartit. Je suis une soupe de sueur.

    Je m’écroule les bras en croix et m’endort. C’est Léonard qui me ramena à la maison. J’était plus en état de marcher.

    A partir de ce jour, tous les matins je me levais à 4 heure pour aller m’entrainer et cela durant un mois. Durant tout ce temps courir, grimper, les contractions ou les pompes ne me posa plus de problème. Entre temps j’avais commencé à frapper les sacs et se n’était pas une partie de plaisir mais j’ai quand même réussi. Mes bras, mes poings et mes jambes s’en souviendront surement à vie.

    Le deuxième mois est arrivé à la vitesse de l’éclair et il a commencer par une course avec Léonard.

    -Ce mois-ci ont va travailler l’art du combat. T’es prête à morflé gamine ?

    -Yep !

    Léonard est rapide. Très rapide. Il est fort. Très fort. Même avec les poids. Et surtout il est TROP grand ! Je fais comment pour lui mettre un kick gauche en pleine poire moi ?! Et il se moque en plus !!

    Il m’a appris tout ce qu’il savait : l’art militaire, la boxe et le karaté ainsi que la pêche. J’ignore si ce dernier va me servir mais je prends quand même. D’après lui si je faisais une compétition là tout de suite je la gagnerais haut la main. Je te crois sur parole vu l’entrainement de ouf que tu m’as fait subir. A cet instant, il avait l’air si fière de moi. Ça m’a fait plaisir qu’il pense ça de moi.

    Des compliments…c’est le premier de toute ma vie que je reçois.

    Deux mois sont passé.

    Ce soir au coin du feu, Léonard m’observé depuis un moment. Ce n’était pas gênant mais plutôt inhabituel de sa part. Il semble vouloir me dire quelque chose et il hésite. Je commence à la connaître. Abrégeons son supplice mental.

    -Léonard ?

    -Hum ?

    -Quelque chose ne va pas ?

    -Eris…

    -Présente !

    Une tape sur la tête me tomba dessus.

    -Idiote…tu m’as bien dit que tu devais reprendre ton voyage n’est-ce-pas ?

    -Oui même si j’ignore pourquoi. Je…

    Il lève la main pour me faire taire.

    -La paix…

    Silence.

    -Où désire tu aller ? T’as une idée ?

    La voix bizarrement resta silencieuse. C’est une première.

    -Euh…

    Glorieux comme réponse Eris. Félicitation.

    Pendant que je me traitais de tout les noms, Léonard était partit fouiller dans un tiroir. Quant il revient s’assoir devant moi, il tient un morceau qu’il me tend. Après l’avoir pris, je constate que c’est un billet de bateau : siège 7 allée 8 passerelle 2, Great Britain. Angleterre.

    -Je l’ai acheté il y a 3 mois. Je voulais y aller mais bon si ça peu t’aider dans ton voyage…

    Les larmes aux yeux, je lui saute dessus en le remerciant.

    -ARG…Eh !!

    Il râle. Encore. Mais bon c’est pas grave. Je le sers contre moi à lui briser les os. Et il râla pendant tout le reste de la soirée.

    Deux jours plus tard.

    Léonard et moi nous tenons devant le bateau. Il ne vient pas. Il ne peut pas. Son phare a besoin de son gardien. Hier, il m’a aidé à préparer un sac et m’a coupé les cheveux. Je ressemble à un garçon.

    L’heure du départ sonne.

    -Léonard merci pour tout. Je ne t’oublierais jamais.

    Il sourit.

    -Je l’espère bien petite…après tout ce que je t’ai fait subir.

    Et nous partons dans un grand fou rire. Je commence à monter.

    -Eris !

    Il me tend ma carte d’identité et une vieille boussole en cuivre.

    -ça peut toujours servir.

    Il me fit un clin d’œil. Un miracle.

    -Aller va. N’oublie pas…malgré les tempêtes, malgré les doutes…il y aura toujours un lit et un bol de soupe pour toi au phare. Alors…crois en toi et en « la voix ».

    Il m’offrit un dernier sourire et le bateau s’éloigne du quai.

    Au bout de quelques minutes, je ne vois plus la large silhouette de Léonard. Je rand la carte d’identité et suspendit la boussole à mon cou.

    Plusieurs heures passèrent et je vis pour la première fois les côtes anglaises.

    -Que le grand voyage commence.

     

     


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